Présentation de l'auteur

Passionné de littérature, théâtre et musique depuis son enfance Jean-Marie Martin décida d'en faire son métier. Il fut l’élève de Jean-Laurent Cochet à son cours d’Art Dramatique, puis dans sa classe au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 1974-75. Il commença une carrière de comédien et de chanteur classique au théâtre à Paris. À partir de 1980 il enseigna son art au Cours Cochet. Puis, suite à une prise de conscience existentielle et fondamentale, il quitta le métier du spectacle pour entrer à l’Oratoire de France et commença des études de Théologie. Ordonné prêtre en 1994, il est aujourd’hui vicaire à la paroisse Saint-Eustache à Paris, dans le quartier des Halles, après maints lieux de ministère. 

Dans une seconde phase de sa vie, il s'est adonné passionnément à l'écriture, tout en étant prêtre. Son premier livre est sorti en 2004. Il a aujourd'hui à son actif cinq romans, une autobiographie, deux pièces de théâtre, deux ouvrages de spiritualité. Deux nouveaux romans sont en préparation. 

Parcours de vie

Il est né en septembre 1952 à Saint-Marcel, en Saône-et-Loire. (*) Ses parents sont boulangers, dans la Grand-rue de ce bourg de cinq mille habitants, que l’on traverse quand on quitte Chalon-sur-Saône, pour aller sur la Bresse. Pour sa scolarité secondaire, Jean-Marie est inscrit au petit séminaire de Rimont. Le voilà en pension à 10 ans. Là, il découvre assez tôt le théâtre, vers 12 ou 13 ans, lequel devient, à partir de cette époque, une passion pour lui ; il rêve d’en faire son métier. Ce rêve n’est pas partagé par sa famille, qui s’y oppose. Sa scolarité n’est pas brillante, car il n’est pas passionné par ce qu’on lui enseigne, — mis à part le français, la littérature, la rédaction et le dessin, où il obtient ses meilleures notes —. Il décide alors, sur un coup de tête, de quitter l’école à l’orée de ses seize ans, prétextant pour cela le refus de ses parents qu’il fasse du théâtre.

Son père ne cède pas en ce qui concerne l’art dramatique, et lui trouve une place chez un artisan de Saint-Marcel, pour la rentrée prochaine, ce qui lui permettra d’apprendre un vrai métier. Jean-Marie commence donc un apprentissage de coiffeur pour hommes, en pensant toujours à sa carrière théâtrale, bien entendu, travaillant des pièces du répertoire classique, quand il n’y a plus de client dans le salon. La fille de son patron (Ô joie !) veut être danseuse, elle devint donc une complice inespérée ! Ils fomentent un voyage à Paris, pour que Jean-Marie se fasse auditionner par Georges Chamarat, (de la Comédie-Française). En effet, le jeune apprenti Figaro avait contacté le vieux comédien du Français en lui envoyant des extraits de scènes qu’il avait enregistrés. Peine perdue, la famille Martin s’y oppose : c’était dans la logique de la position prise depuis le début.

 

Voilà que deux ans après le début de son apprentissage, à dix-huit ans, Jean-Marie doit arrêter ce travail pour cause de changement de patron : le jeune artisan qui reprend le fond ne peut pas garder un apprenti. Une fois de plus, Henri Martin prend la direction des opérations. Il déniche à son fils une place de préposé à la poste de Chalon-sur-Saône. Le voilà en train de sillonner les rues de Chalon à vélo, pour porter le courrier. Ayant réussi le concours des Postes en vue de la titularisation, Jean-Marie doit être envoyé à Paris pour faire un stage, c’est l’habitude. Son père ne le voit pas de cette sorte, il va voir le député pour lui demander que ce stage se passe sur la région. Peine perdue. Jean-Marie quittera Saint-Marcel à dix-neuf ans, le 1er octobre 1971.

 

Une fois à Paris, il devient télégraphiste dans le nord du seizième arrondissement, quartier des ambassades et d’artistes de renom. Après six mois à Paris, il accompli son Service National à Reims. Là-bas, il décide de s’abandonner à sa passion, et de se lancer dans le théâtre à son retour. A ce moment-là, il contacte à nouveau Georges Chamarat. Celui-ci l’envoie chez Chantal de Rieux, qui lui donne des cours particuliers. Le dimanche, Georges Chamarat vient écouter le travail qui a été fait. Là, Jean-Marie rencontre Fabienne Waroux, qui est chanteuse dans Hello Dolly. Elle lui propose de postuler pour une charge d’accessoiriste qui se libère au théâtre Mogador, plutôt que de végéter dans l’administration. Jean-Marie est engagé à Mogador, aussi il démissionne de la Poste, à laquelle il ne doit plus rien, étant arrivé au bout de son année nécessaire à la titularisation, dont il ne profitera pas. Il se lance donc dans le monde du spectacle, à vingt et un ans, majorité de l’époque.

 

Le voilà accessoiriste au théâtre Mogador. Il découvre le monde fascinant du théâtre qui le hante depuis l’âge de treize ans. Dans cette opérette, Douchka, sont représentés tous les corps du métier : chanteurs, comédiens, danseurs, musiciens, figurants, et bien sûr, machinistes, électriciens, habilleuses... La tête lui tourne, quel apprentissage extraordinaire ! Là, il fait la connaissance d’un danseur, Jean-Claude Aubé, qui travaille le théâtre au cours de Jean-Laurent Cochet. Il le persuade d’entrer au cours Cochet, professeur de grande qualité, metteur en scène très en vue, et professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Jean-Marie intègre donc ce cours en début janvier 1974. Monsieur Cochet va le placer dès le début dans le petit nombre des élèves qu’il prépare pour l’entrée au Conservatoire. Il sera reçu aux deux tours du concours d’entrée et devient élève dans la classe de Jean-Laurent, avec comme camarades Sophie Deschamps, Catherine Rouzeau, Marcel Philippot, Thierry Gimenez... Il a vingt-deux ans. Il peut maintenant prévenir sa famille, à qui il avait caché son départ de la Poste. Cette fois, sa famille accueille sa décision. Parallèlement, il se met à travailler le chant classique avec passion, et se perfectionne en musique, déjà beaucoup pratiquée dans son enfance, à Saint-Marcel.

Un évènement circonstanciel, ou Providentiel, survenu alors qu’il avait vingt-huit ans, lui fera reprendre un chemin de foi et de pratique de la vie chrétienne, passablement abandonnée. C’est cette aspiration spirituelle nouvelle qui le poussera davantage vers l’enseignement plutôt que vers la scène. Parallèlement, il fréquentera les monastères, se demandant si ce n’était pas à la vie monastique qu’il était appelé. Une expérience de deux ans à l’aumônerie de la prison de la Santé l’aidera à préciser sa vocation, et l’amènera à réfléchir au diaconat. Lorsqu’il en parlera à son curé, Patrick Giros, celui-ci lui avouera qu’il avait justement l’intention de l’appeler à cette charge. « Mais pourquoi pas prêtre ? ajouta Patrick. »  Pourquoi pas en effet, Jean-Marie sentit qu’il avait maintenant trouvé en lui la force d’accepter cette vocation. Or cette fois, il allait devoir quitter son métier, son milieu, ses projets de carrière, ses habitudes de vie. Il démissionna à trente-quatre ans de son poste d’enseignant au cours Jean-Laurent Cochet, et à la Classe supérieure d’art dramatique, et après une année de recherche, il se mit à la disposition de l’Oratoire de France en Mai 1988.

Il a découvert un nouveau mode d’expression qu’est l’écriture. Son premier livre est sorti en 2004. Il a à son actif quatre romans humanistes, une autobiographie, deux pièces de théâtre, un recueil de récit évangéliques, un recueil d'odes contemplatives... un nouveau roman est sorti au printemps 2018 : Le Prince Bleu. Ce qui fait dix bouquins. Deux autres roman se préparent. 

(*) Saint Marcel s’appelait Hubiliacus au premier siècle après Jésus-Christ ; le bourg changea son nom en devenant une terre chrétienne. En 177 après Jésus-Christ sévissaient à Lyon les persécutions des premiers chrétiens. Les chrétiens Marcel et Philibert réussirent à y échapper et s’enfuirent en remontant la vallée de la Saône. Philibert s’arrêta à Tournus, où il fut martyrisé. Quant à Marcel, remonté plus haut, à hauteur de Chalon-sur-Saône, il tenta d’évangéliser cette plaine de la Saône. Mais il fut arrêté, flagellé, écorché vif, et enterré jusqu’au cou, les deux mains attachées à hauteur des épaules, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Depuis, de nombreuses communautés de moines se sont succédées sur cet emplacement, pendant plusieurs siècles. A l'époque du prieuré clunisien, Pierre Abélard fut envoyé par le père Abbé de Cluny pour s'y reposer. Atteint de la tuberculose, Abélard termina ses jours en ces lieux le 21 Avril 1142. Sa dépouille fut emmurée, allongée dans une niche de l’église de Saint Marcel, puis transféré plus tard à Troyes auprès d’Héloïse. Enfin, tous deux furent transportés au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Ai-je bénéficié d’émanations bénéfiques, mystiques, sinon "telluriques", issues de cette terre où coula le sang d’un martyr, où les moines se sont succédés dans le travail et la prière pendant des siècle, où Abélard rendit son dernier souffle à Dieu ? Je suis né à quelques pas de ce lieu, à la boulangerie de mes parents. L’espace terrien des moines fut repris bien plus tard par la Bienheureuse Anne-Marie Javouhey, pour y implanter une maison des soeurs de Saint Joseph de Cluny. Le terrain attenant à l’église fut donc toujours un lieu de prière et de contemplation.

J’ai beaucoup fréquenté ce lieu étant enfant, j’ai mis mes pas, sans m’en rendre compte, dans ceux de tous ces hommes et femmes passionnés de Dieu qui ont vécu sur cette terre ; j’ai respiré le même air qu’eux, sans réaliser qu’un autre Souffle m’habitait déjà, Celui qui remplissait leur vie. Plus tard, cette terre est devenue un lieu privilégié pour moi, lorsque le Seigneur s’est manifesté dans ma vie, et que je venais de Paris me reposer en famille ; j’aimais sillonner ces espaces en entrant dans la communion des Saints. C’était  un peu ma Terre Sainte. Une infime parcelle de la Terre Sainte où le Christ vivait son Mystère Pascal au cœur de ses âmes vouées et dévouées.

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© 2019 Jean-Marie Martin