Méditations 1 

Évangile du Lundi 9 septembre 2019

            Or il advint, un autre sabbat, que Jésus entra dans la synagogue, et il enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était sèche. Les scribes et les Pharisiens l'épiaient pour voir s'il allait guérir, le sabbat, afin de trouver à l'accuser. Mais lui connaissait leurs pensées. Il dit donc à l'homme qui avait la main sèche : « Lève-toi et tiens-toi debout au milieu. » Il se leva et se tint debout. Puis Jésus leur dit : « Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre ? » Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : « Étends ta main. » L'autre le fit, et sa main fut remise en état. Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu'ils pourraient bien faire à Jésus. (Luc 6, 6-11)

Méditation :

            Que de sécheresse dans cet évangile ! Le plus desséché n’est pas celui sur lequel on attire l’attention. Si je sors mon scanner de poche pour le promener sur cette assemblée, je suis consterné par ce que je découvre. Il est impossible que Jésus ne voie pas ce que je vois. Alors, sans doute que cette opération à « Shabbat ouvert », et sans anesthésie, se veut salutaire aussi pour l’assemblée qui épie Jésus et attend de le piéger. L’homme à la main sèche est loin d’être le seul en ce cas, il est peut-être même le moins desséché de tous. Actionnons mon scanner. Les voyez-vous toutes ces mains desséchées qui ne s’ouvrent pas vers les autres, pour les saluer, les accueillir, les apaiser, les rassurer, pour partager, mais jamais en retard pour les montrer du doigt, les rejeter, les vouer aux gémonies ? Les voyez-vous ces mains desséchées qui emprisonnent leur propre cœur, qui les serre à les étouffer, pour les empêcher de s’ouvrir, et pour geler immédiatement tout geste fraternel ou amical qui les engagerait trop ? Les voyez-vous ces êtres desséchés à cause de prises intensives, et même surdoses, de morale mal digérée et surtout indigeste ? Ces pauvres humains sont tous mes frères, des frères aux pensées desséchées et désenchantes, adorateurs de la Loi idolâtrée.  

 

- Dis-moi, toi qui écris ces lignes, insolent petit jocrisse, pourrais-tu retourner contre toi ton scanner accusateur ?

- Pas de problème, c’est facile, j’ai même la fonction selfie !

- Alors, que vois-tu ?

- Oh ! c’est trop bête ! mon appareil vient de tomber en panne, là, tout de suite !

- Ça t’arrange bien, n’est-ce pas ! 

- La barbe que tous ces ustensiles à l’obsolescence programmée !

 

Jean-Marie Martin, oratorien, vicaire à Saint-Eustache.

Évangile du samedi 27 Juillet 2019

Jésus proposa aux foules une autre parabole : « Il en va du Royaume des Cieux comme d'un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l'ivraie, au beau milieu du blé, et il s'en est allé. Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l'ivraie est apparue aussi. S'approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent : « Maître, n'est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D'où vient donc qu'il s'y trouve de l'ivraie ? » Il leur dit : « C'est quelque ennemi qui a fait cela. » Les serviteurs lui disent : « Veux-tu donc que nous allions la ramasser ? » – « Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l'ivraie, d'arracher en même temps le blé. Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d'abord l'ivraie et liez-la en bottes que l'on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. » (Mt 13, 24-30)

Méditation

Quand nous lisons cette parabole, l’espérance renaît en nos cœurs ! Ne trouvez-vous pas ? Car qui d’entre nous n’a pas son lot d’ivraie, plus ou moins conséquent, qui l’effraie, qui l’encombre en ses pensées, ses réactions, ses projets, ses relations aux autres, mais aussi sa perception de lui-même, avec son lot de culpabilités, de découragements, d’illusions. Et il pourrait nous arriver de penser que le Seigneur ne voit en nous que l’ivraie qui pousse. Mais les regards de Dieu ne sont pas les nôtres ! Il n’est intéressé que par le bon grain. Qu’aurait-il à faire de l’ivraie ?

Souvenons-nous de ce passage d’Isaïe (chapitre 42, 3) qui désigne le Serviteur souffrant : Il n’écrasera pas le roseau froissé ; il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. Notre évangile du jour n’est-il pas de cet ordre ?

Cette prudence et cette patience par rapport à ce qui n’est pas conforme me rappelle un film assez ancien, dont j’ai oublié le titre, traité en style de parabole, dans lequel le héros avait une fâcheuse anomalie humiliante qui le tourmentait. Il essaya de nombreux moyens pour s’en défaire et se fit même opérer pour s’en débarrasser, mais voilà que sans cette imperfection, l’homme en question ne se reconnaissait plus, il n’était plus lui-même, tout se déglingua de ce qu’il était, il se sentait autre, alors il se mit à dépérir. Mon film n’est pas un parallèle de la parabole de l’ivraie, mais il peut nous aider à comprendre qu’il vaut mieux ne pas tout arracher en soi de ce qu’on a remarqué comme n’étant pas conforme.

Jean-Marie Martin, oratorien, Saint-Eustache

Évangile du vendredi 7 juin 2019

 

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » Il lui dit à nouveau, une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » - « Oui, Seigneur, lui dit-il, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. » Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Pierre fut peiné de ce qu'il lui eût dit pour la troisième fois : « M'aimes-tu ? », et il lui dit : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. » Il signifiait, en parlant ainsi, le genre de mort par lequel Pierre devait glorifier Dieu. Ayant dit cela, il lui dit : « Suis-moi. » Jean 21, 15-19

Méditation

 

Nous avons souvent entendu commenter ce texte, et à raison, comme étant un reflet en positif des trois reniements survenus la nuit de la Passion. Pour en élargir l’interprétation, il me plaît à penser que ces questions pourraient nous être posées par le Seigneur dans certaines circonstances, et le cas échéant, nous pouvons nous entendre dire : “Autant tu m’auras renié, autant j'aimerais t’entendre me dire à quel point tu m’aimes ; et surtout, je voudrais par-là t’aider à prendre conscience que tu es encore capable de m’aimer malgré ton reniement et tes remords qui te minent ; en revanche, cela suppose que tu saches te pardonner à toi-même, et t’aimer comme il se doit.”  

 

Même si le parcours de notre vie a été fait de chemins de traverse, de sentiers pierreux, de sentes boueuses, de raidillons accidentés, de ravines abruptes, de gouffres menaçants, c’est toujours par la voie royale de l’Amour que nous trouvons Dieu. Un jour ou l’autre, il nous rejoint dans nos ornières, voire notre fange, ou nos cloaques, − il ne craint pas de s’y embourber car son Amour pour nous est un antidote à tous nos déboires − pour nous en tirer et nous placer sur Son Chemin aplani et sûr, arasé et nivelé par le souci incommensurable qu’il éprouve pour chacun de nous.

 

Seigneur, même si nous revenons vers toi en tendant le dos, en rasant les murs de honte, en tremblant d'inquiétude, quoiqu'il nous soit arrivé, quoique nous ayons fait, nous sommes sûrs d’être reçus avec amour. Nous demanderas-tu des comptes ? Nous présenteras-tu une ardoise ? Ta seule question sera : “M’aimes-tu ?” Le commandement suprême n’est-il pas fondé sur l’amour ? Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta force, et ton prochain comme toi-même. Comment être surpris alors que cette question de l’amour que nous lui portons nous soit posée par Dieu ? Mais peut-être qu’il pourrait bien − sait-on jamais − prolonger sa question ainsi : “Alors si tu dis m’aimer, comment se fait-il que tu n’aimes pas assez ton prochain, ni toi-même ?” (cf. 1 Jn 4,20)

 

Jean-Marie Martin, prêtre de l’Oratoire à Paris

Première lecture du jeudi 11 avril 2019

 

Abram tomba la face contre terre. Dieu lui parla ainsi : « Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d'une multitude de nations. Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera AbraHam, car je te fais père d'une multitude de nations. Je te rendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J'établirai mon alliance entre moi et toi, et ta race après toi, de génération en génération, une alliance perpétuelle, pour être ton Dieu et celui de ta race après toi. À toi et à ta race après toi, je donnerai le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, en possession à perpétuité, et je serai votre Dieu. » Dieu dit à Abraham : « Et toi, tu observeras mon alliance, toi et ta race après toi, de génération en génération. » Genèse 17, 3-9

 

Méditation

 

Au chapitre 2 de ce même livre, au verset 7, le rédacteur nous relate – au moyen du schème de pensée de son époque, bien entendu –, la façon dont Dieu s’y est pris pour créer l’homme : Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant. L’essentiel est dit, nous venons de rien, même pas d’une terre cultivable, mais d’une terre argileuse sur laquelle rien de bon ne peut pousser. Sauf si Dieu relève ses manches, car cette glaise, on peut la modeler pour en faire des objets d’art ! Elle est le matériau que Dieu va utiliser pour modeler son chef d'œuvre : l’Homme. Et par son haleine de vie – qui permet aussi la formulation de la Parole créatrice –, il achève sa création. Or, la création de l’Homme, déjà sublime, n’est pas suffisante, ni satisfaisante aux yeux de Dieu.

 

Cette partie de la Bible concerne tout homme au début de l'humanité, tandis que celle que nous lisons aujourd’hui nous introduit dans le cycle d’un peuple choisi par Dieu pour lui conférer une mission particulière, et le primat de cette dynamique sera Abraham. C’est par lui que Dieu va continuer son œuvre initiée au Commencement, il veut réaliser une Alliance avec l’homme, et, pour cela, pratiquer comme une greffe où l’homme serait enté définitivement sur Lui.

 

Abram tomba la face contre terre – le front dans la glaise, c’est de là qu’il vient –, et il va vivre une re-création grâce à l’Alliance avec Dieu, qui sublime ainsi sa créature. Pour pratiquer l’entaille qui servira à greffer, on donne un petit coup de hache avec justesse au bon endroit du tronc. Je me permets un jeu de mot douteux : le coup de H que Dieu donne au nom d’Abram deviendra AbraHam. L’homme Accompli est un Alliage sublime de Dieu et de lui-même, grâce à l’Alliance opérée avec Dieu.  

 

Jean-Marie Martin, prêtre de l’Oratoire à Paris Saint-Eustache

Évangile du jeudi 7 février 2019

 

Il appelle à lui les Douze et il se mit à les envoyer en mission deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs. Et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route qu'un bâton seulement, ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture, mais : « Allez chaussés de sandales et ne mettez pas deux tuniques. » Et il leur disait : « Où que vous entriez dans une maison, demeurez-y jusqu'à ce que vous partiez de là. Et si un endroit ne vous accueille pas et qu'on ne vous écoute pas, sortez de là et secouez la poussière qui est sous vos pieds, en témoignage contre eux. » Étant partis, ils prêchèrent qu'on se repentit ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux infirmes et les guérissaient. (Marc 6, 7-13)

 

Méditation :

 

Il n’est pas bon de partir en mission surchargé comme pour faire l’ascension de l’Annapurna, et bien que nous soyons invités à une marche qui peut être rude, et même ascensionnelle, n’oublions pas ce verset du prophète Isaïe 52, 7 : Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : « Il règne, ton Dieu ! ». Il faut donc prendre les moyens d’être léger, mobile, réactif, même sur les sommets montagneux de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Je veux préciser par là : annoncer le Christ sans prendre un char d’assaut ou un rouleau-compresseur, ni un marteau-pilon, sans être chaussés de gros godillots pour piétiner les plates-bandes des convictions acquises par ceux que nous allons rencontrer, – ils ont aussi beaucoup à nous apprendre, nous en serons surpris –, pas de besaces bourrées d’arguments bien fourbis pour convaincre ou suggestionner, voire manipuler, mais au contraire, des sandales légères qui donnent souplesse et légèreté, et que l’on peut retirer facilement pour partir sur la pointe des pieds si jamais nous sommes refoulés ; s’éloigner ainsi par respect des convictions opposées, et de surcroît, secouer la poussière de nos pieds, montrant ainsi à nos opposants que l’on veut préserver leur Liberté, et que c’est une primeur dans le message du Christ. Le Seigneur saura bien rejoindre les uns ou les autres par des voies plus adaptées à ce qu’ils sont, à leurs convictions, à leur cheminement. Après tout, il envoie ses disciples au devant de lui, c’est donc une annonce de son passage.

 

Jean-Marie Martin, oratorien, vicaire Saint-Eustache

Évangile du samedi 27 octobre 2018

En ce même temps survinrent des gens qui lui rapportèrent ce qui était arrivé aux Galiléens, dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs victimes. Prenant la parole, il leur dit : « Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens ? Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement. Ou ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem ?... Non, je vous le dis ; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même. »
 

Il disait encore la parabole que voici : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le ; pourquoi donc use-t-il la terre pour rien ? » L'autre lui répondit : « Maître, laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l'avenir... Sinon tu le couperas. » (Luc 13, 1-9)
 

Méditation
 

Ne serions-nous pas atterrés, scandalisés, si quelqu'un proclamait aujourd'hui : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez comme ceux qui sont morts par les eaux dans l'Aude, en Floride, par le tsunami en Indonésie, ou dans divers attentats et massacres, comme dernièrement en Crimée... » On peut souhaiter qu’un tel discours de répression ne passerait pas aujourd’hui, et pourtant, la croyance en un dieu répressif jouit d’une vie dure. Souhaitons que les sinistrés du Sud-ouest n’aient pas la tentation de croire qu’ils sont les cibles d’une sanction divine. « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? » Il vaut mieux être fermement incroyant que de proférer un tel poncif ! Malheureusement, la foi en un Dieu qui punit est bien ancrée dans certains esprits, et celle-ci semble plus facile, plus spontanée à se manifester, que la foi en un Dieu d’Amour qui ne veut que le bien de l’homme. Lorsque tout va bien dans nos vies, c'est grâce à nous ; quand tout va mal, ne serait-ce pas que Dieu en est l’artisan ?


Dans cet évangile, on pourrait penser que Jésus menace les pécheurs d’un châtiment terrible s’ils ne se convertissent pas. Or, c’est bien une marque d’amour de Jésus que prévenir ses contemporains de se convertir pour ne pas être saisis par un drame - totalement étranger à la volonté de Dieu -, qui risquerait de les couper de Celui-ci. Jésus ne les menace pas d’être châtiés, mais il les mets en garde contre un drame sans pareil : mourir séparés du Père en refusant son Amour. Mais, ô Espérance, Jésus entraînera tous les hommes avec lui dans son Mystère Pascal !
 

Dans la seconde partie de notre évangile, contemplons le visage de ce Père, en la personne du vigneron, qui nous présente un Dieu patient, un Dieu qui prend les moyens nécessaire pour faire progresser sa créature, car rien n’est jamais perdu : un homme créé à l’image de Dieu ne peut pas sombrer dans le néant, c’est impossible ! Dieu est un Père qui fonde toute espérance en les capacités humaines à rebondir, croître, avancer, germer, et porter du fruit en abondance.
 

Jean-Marie Martin, prêtre de l’Oratoire à Paris Saint-Eustache

Évangile du samedi 21 Juillet 2018

Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre. L'ayant su, Jésus se retira de là. Beaucoup le suivirent et il les guérit tous et il leur enjoignit de ne pas le faire connaître, pour que s'accomplit l'oracle d'Isaïe le prophète : Voici mon Serviteur que j'ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n'entendra sa voix sur les grands chemins. Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas, jusqu'à ce qu'il ait mené le Droit au triomphe : en son nom les nations mettront leur espérance. (Matthieu 12, 14-21)
 

Méditation
 

L’évangile n’est pas fait pour être disséqué, sinon, chacun pourrait prendre ce qui l’intéresse et négliger le reste, à savoir, ce qui le dérange, le contrarie, ou l’ennuie. Cependant, les versets qui m’intéressent plus particulièrement aujourd’hui, sans mettre à part les autres, sont ceux qui évoquent un Christ patient, confiant, aimant, compatissant, (on en a tellement besoin). Voici ce qui m’a retenu : Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas. Jésus ne se détourne d'aucune personne brisée, cassée, à bout de souffle, ou pervertie. Au contraire, rien ne peut Le faire s’en détourner, s’en désintéresser. Il est venu pour elle, Il s’est fait homme pour elle. Son face à face avec elle est unique car Il la sait unique ! Le roseau froissé, Il se penche vers lui pour le redresser, lui rendre mouvement et destinée, Il lui murmure son amour et lui prodigue ses encouragements, lui insuffle l’Espérance ; la mèche fumante, Il l’attise patiemment pour qu’elle reparte, flamboie et communique Sa Lumière. Il est épris de chaque créature car, à Ses yeux, chaque créature a du prix.
 

Jean-Marie Martin, prêtre de l’Oratoire à Paris

© 2019 Jean-Marie Martin